Forgeron damasseur : un savoir-faire rare



Jean-Luc Soubeyras aime utiliser des techniques là où on ne les attend pas, comme par exemple l'acier damas pour réaliser des sculptures et lui donner ainsi la liberté de s'exprimer dans toutes les dimensions loin des seules lames de couteau.
Ses recherches actuelles portent beaucoup sur l'acier damas pour lequel il expérimente de nouveaux aciers, de nouveaux motifs et de nouvelles couleurs. Les sculptures en expriment toute sa finesse.

La technique

L'"Acier Damas" regroupe en fait 2 techniques :
- "Acier Damas" de fusion obtenu par semi-fusion de fer en présence de carbone pratiqué dans un creuset fermé en Inde "Wootz " et en Russie "Bulat ".
- "Acier Damas" de soudure obtenu en assemblant en couches alternées du fer (ou acier doux) avec de l'acier dur par soudure de forge puis par étirement, repliage et soudure, on augmente le nombre de couches jusqu'à obtention d'un matériau composite et lamellaire.

Pour obtenir l'"Acier Damas" de soudure, (technique utilisée par Jean-Luc Soubeyras), le forgeron lie plusieurs couches de fer (ou acier doux : actuellement, le fer pur se trouve difficilement en Europe) et de l'acier dur, il le chauffe dans le foyer de forge jusqu'à pratiquement la température de fusion puis le martèle sur l'enclume ou au pilon pour le souder, l'étire jusqu'à obtenir la moitié de l'épaisseur de départ le coupe partiellement en son milieu et le replie.
Il le chauffe de nouveau jusqu'à pratiquement la température de fusion, le soude par martèlement, et répète les opérations pour avoir le nombre de couches souhaitées.
Ensuite le forgeron fait sortir certaines couches de métal soit par meulage et forgeage ou inversement soit par torsade. Un motif est ainsi créé à la surface du métal (échelle de Mahomet, grains de riz ou torsades) qui sera révélé par immersion dans un bain d'acide après polissage.




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